Maison hantée et monstre écrivain, de Catherine Côté

Chères lectrices, chers lecteurs, rebonjour. Il me fait plaisir de vous revoir une dernière fois. Je vous ai entraîné.e.s, lors de précédents articles, à travers des paysages victoriens et des maisons délabrées du Maine. Nous avons examiné les sources du trope de la maison hantée, ses origines et ses déploiements historiques et littéraires. Nous avons analysé, avec l’exemple de It, les liens qui existent entre les rites de passage et les maisons hantées, qui sont en soi des lieux initiatiques et liminaires. Vous connaissez la chanson, désormais; la maison hantée est un trope utilisé en littérature comme au cinéma depuis des centaines d’années, et tirant ses sources de la tradition littéraire gothique, qui a adopté plusieurs formes au fil du temps et des œuvres.  Aujourd’hui, je vous propose de me suivre dans une dernière déambulation qui va nous mener jusqu’à l’Overlook Hotel du roman The Shining, et jusqu’au personnage, tourmenté et torturé, de Jack Torrance.

The Shining, publié en 1978, a connu immédiatement un succès monstre, et sa popularité a explosé avec la sortie du très acclamé film du même titre réalisé par Stanley Kubrick en 1980. Ce roman raconte l’histoire d’un écrivain qui décroche un emploi de gardien dans un hôtel du Colorado. L’hôtel étant uniquement en opération l’été, en raison des énormes chutes de neige des Rocheuses, le gérant de l’Overlook engage tous les hivers un homme pour venir habiter dans l’hôtel – sinon fermé au public – et pour s’occuper de l’entretien de l’immeuble. Le gardien d’hiver a, bien entendu, le droit d’être accompagné de sa famille, puisqu’il devra y rester jusqu’à ce que les neiges fondent, soit environ six mois. Ce sont six mois de solitude intense qui seraient éprouvants pour n’importe quel homme. Jack Torrance se sent-il vraiment à la hauteur de ce défi? Oui, affirme celui-ci au gérante l’hôtel. Il cherche justement un peu de quiétude pour écrire une nouvelle pièce de théâtre. Sa femme, Wendy, est facile à contenter, et son jeune garçon, Danny, aussi. Décidément, assure Torrance à Stuart Ullman, c’est une situation de rêve pour lui.

Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que l’hôtel est hanté. La hantise de l’Overlook est particulière, très différente de celle de la maison de Neibolt Street, qui était d’ailleurs aisée à cerner. Abandonnée, même délabrée, elle était habitée par un monstre en chair et en os : l’horrible Pennywise. Insidieuse, nuancée, la hantise de l’Overlook réside plutôt dans certaines ambiguïtés qui plongent le lectorat dans l’incertitude, du début à la fin du roman. L’Overlook est-il vraiment hanté, ou les apparitions vues par les personnages sont-elles plutôt la conséquence de la décrépitude ambiante, celle de l’endroit, et celle des liens qu’entretiennent les personnages entre eux?

La hantise est annoncée dès les débuts du roman, lorsque Jack a une conversation avec Watson, le mécanicien qui lui montre comment fonctionne la chaudière :

« […] Tous les gros hôtels ont des scandales », dit [Watson]. « Et tous les gros hôtels ont un fantôme. Pourquoi? Bah, les gens vont et viennent. Une fois de temps en temps l’un d’eux va crever dans sa chambre, crise cardiaque ou AVC ou quelque chose du genre. Les hôtels sont des endroits superstitieux. Pas de treizième étage ou de chambre numéro treize, pas de miroir au dos des portes d’où on entre, des choses comme ça. […][1] »

S’il y a réellement une hantise, à l’Overlook, elle est présentée comme le produit de l’histoire normale de ce lieu, ou même la fabulation d’esprits superstitieux. En fait, la hantise pourrait réellement découler de l’historique sordide de l’Overlook, comme le découvre graduellement le lectorat. Plus tard dans le roman, Jack trouve dans les sous-sols un album contenant des coupures de journaux exposant le passé tortueux de l’établissement. Des règlements de compte ont eu lieu ici, des meurtres aussi. Pourtant,  les sombres secrets de l’Overlook, incluant des histoires de meurtre et de mafias, sont-ils réellement pires que ceux d’autres grands hôtels du même genre? Quel est l’endroit, après tout, qui n’a pas sa part d’ombre? Ces évènements tortueux sont sans doute l’inspiration des rumeurs de hantise auxquelles alludait Watson, et viennent rendre encore plus ambigüe la hantise de l’hôtel. Et s’il n’y avait pas de fantômes du tout?

La hantise de l’Overlook est aussi ambigüe parce que la lucidité de Jack Torrance est constamment remise en question. Dès son arrivée, le père de famille recommence à avoir des tics, ceux du temps de son alcoolisme. Pourtant, il n’y a pas une goutte à boire à l’hôtel, qui a été vidé pour l’hiver. Malgré tout, Jack semble sombrer dans la boisson, dans l’alcool fabulé. Et si la hantise de l’Overlook était imaginaire, elle aussi? Et si l’endroit était, au fond, parfaitement normal? Et si l’album que Jack trouve dans le sous-sol était inventé de toute pièce? La santé mentale de Jack dépérit, peut-on vraiment se fier à lui? Bien que Jack ne soit pas narrateur, l’intrigue est souvent relatée de son point de vue[2] et, puisqu’il sombre lentement dans la folie, nous sommes en droit de douter de tout ce qu’il nous apprend.

Pourtant, l’hôtel porte la potentialité du drame, qu’il soit réel, surnaturel, ou simplement imaginé par les personnages. Après tout, si les fantômes peuvent être niés, les horreurs commises là, elles, sont indéniables. Meurtres, surdoses fatales, crimes passionnels : l’hôtel est un lieu de sadisme et de mort, un peu comme s’il exerçait lui-même un pouvoir sur les gens qui y résidaient, comme s’il incitait à la violence. Qu’il soit hanté ou non, l’horreur qu’inspire l’Overlook est réelle, parce que tant de personnes y sont mortes dans des circonstances affreuses. L’hôtel semble être une vraie menace pour les gens qui y transitent, et devient, par le fait même, un monstre à part entière.

Pourtant, l’Overlook n’est pas l’unique monstre dans The Shining. Comme je l’ai déjà mentionné, les personnages, chez King, portent souvent en eux le potentiel de leur propre destruction. Ainsi, il y a deux monstres à vaincre, dans The Shining : l’hôtel et l’homme qui l’habite, soit Jack Torrance lui-même. Jack est un ex-alcoolique, à sec depuis quelques années, qui a un passé de violence et d’impulsivité. Il a déjà cassé le bras de son fils quand il était bébé – accidentellement, selon ses dires – parce que Danny avait abimé un de ses manuscrits. La famille Torrance, au moment où commence le roman, se remet à peine de cette époque tumultueuse : Wendy, la femme de Jack, pensait peut-être avant à demander le divorce, mais plus maintenant; Jack est sobre depuis quelques temps, et entrevoit d’un bon œil la possibilité de travailler en réclusion sur un manuscrit; Danny, quant à lui, du haut de ses cinq ans, adule son père malgré tout le mal que celui-ci lui a fait, au point où Wendy jalouse l’amour que son fils éprouve pour son mari.

Néanmoins, d’une certaine manière, Danny comprend le danger que son père représente. Danny Torrance est un des premiers personnages-enfants de King à être doté du « shining », ce don parapsychique flou qui englobe, selon les personnages, des pouvoirs de précognition, de clairvoyance, de télépathie ou même de pyrokinésie[3]. Les pouvoirs de Danny sont précoces et peu développés, contrairement à ceux de Dick Halloran, le cuisinier de l’Overlook. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que le lectorat commence à comprendre les visions que le petit garçon a depuis le début du roman. Ces dernières, qui se manifestent, selon les explications de Danny, comme des images que son ami imaginaire Tony lui montre, seraient ainsi non pas uniquement le produit de son imagination, mais bien de véritables visions précognitives ou clairvoyantes.

Ces images, souvent violentes, permettent au garçon d’avoir une conscience accrue du danger que pose l’Overlook à sa famille. Dans une de ses visions, celui-ci se fait pourchasser par un monstre :

Et maintenant il était accroupi dans un corridor, accroupi sur un tapis bleu tissé de formes noires et tordues, entendant les bruits assourdissants s’approcher, et maintenant la Forme tournait le coin et commençait à s’approcher de lui, titubant, avec une odeur de sang et de mort. Elle avait un maillet dans une main et le balançait (TROMAL) d’un côté à l’autre en grands arcs vicieux, le frappant fortement dans les murs, tranchant le papier-peint de soie et faisant jaillir des petits nuages de plâtre : Allez, viens prendre tes médicaments! Viens les prendre, comme un homme! La forme avançant vers lui, empestant cette odeur doucereuse, gigantesque, le maillet découpant l’air dans un murmure sifflant, et ensuite le bruit creux et sourd du maillet défonçant le mur, faisant s’envoler de la poudre de plâtre qu’on pouvait presque goûter, sèche et agaçante. Deux yeux rouges brillaient dans le noir. Le monstre était sur lui, il l’avait découvert, recroquevillé ici, adossé contre le mur.[4]

Cette forme noire et menaçante, la forme au maillet, c’est son père, qui essaie effectivement de le tuer avec un maillet de croquet à la fin du roman. Danny ne veut pas croire que ce que Tony lui montre va se réaliser, mais s’il le ressent quand même. Il demande à Jack, lors de leur arrivée à l’Overlook, s’il serait capable de leur faire du mal, à Wendy et à lui. Jack lui répond que non, bien sûr que non, il ne leur ferait jamais de mal, mais le fait est qu’il a déjà violenté son fils physiquement, et sa femme émotionnellement. Le potentiel de violence, le potentiel d’horreur, Jack le porte en lui bien avant son arrivée. Il n’est pas qu’un homme comme les autres : Jack est violent, Jack est hanté par ses impulsions rageuses et par l’alcoolisme qui le guette, à chaque tournant. Les visions de Danny, dans un tel contexte, contribuent à renforcer la tension dramatique du roman. Si la famille Torrance semble ignorer le danger potentiel d’une résidence hivernale à l’Overlook, le lectorat peut, au contraire, deviner le drame qui se prépare grâce aux visions qui, si elles ne se réalisent pas toutes, font tout de même office de présages narratifs, d’éléments de foreshadowing. En ce sens, si le danger de l’hôtel échappe souvent aux personnages, le lectorat est, au contraire, hypersensible à celui-ci dès les premières pages du roman, de même qu’aux monstres potentiels qui y habitent.

Le roman met donc en scène deux êtres (un homme et un hôtel), chacun hanté de secrets tortueux et d’une violence ineffaçable. Les deux se répondent, leur violence et leur folie grandissant en harmonie. Une image peuple le roman, une métaphore qui reflète justement le sentiment d’équivalence entre l’homme et le lieu. Lorsque Jack est en train de réparer le toit, alors qu’il se trouve à l’Overlook depuis peu de temps, Jack trouve un nid de guêpes. Il le fumige et le ramène, vide, à Danny, pour que celui-ci puisse le mettre dans sa chambre. Au beau milieu de la nuit, Danny se réveille en sursaut : il se fait piquer par des dizaines de guêpes, qui ont étrangement réapparues dans le nid vide. Jack les tue. Il est très fâché, il parle d’envoyer une lettre de plaintes à la compagnie de bombes pour insectes pour se faire rembourser.

La métaphore du guêpier semble être un des fils conducteurs du roman. Peut-être le nid était-il réellement vide, peut-être la bombe à insectes de Jack n’avait-t-elle pas bien fait son boulot. L’ambiguïté subsiste, mais la trame de plus en plus triste et violente du texte me fait pencher vers la première de ces deux hypothèses. Si le nid était réellement vide, les guêpes ont pu y réapparaître parce que c’est là le pouvoir de l’hôtel : faire ressurgir ce qu’on croyait mort et enterré. C’est l’effet de cet endroit : la résurgence de fantômes, la violence que le lieu inspire à ses occupant.e.s, ou du moins à ses gardiens, comme Jack Torrance, comme Grady, l’homme qui s’occupait de l’endroit durant l’hiver précédent et qui a assassiné sa propre famille.

Parlons-en davantage, de cette violence. Jusqu’alors, je ne l’ai esquissée que brièvement. En quoi consiste-elle? D’abord, en un penchant pour l’alcoolisme, que j’aime qualifier – comme Stephen King, dans Danse Macabre – d’horreur réaliste. L’alcoolisme est un mal réel, plus palpable et concret que les vampires, les loups-garous et les trolls, mais est tout de même une forme d’horreur. Une horreur du quotidien, une horreur du normal, du banal, de l’accessible. C’est cette première violence que l’Overlook fait ressurgir chez ses gardiens, tant chez Jack que chez Grady.

En plus de l’alcoolisme, l’Overlook génère une deuxième forme de violence : une pulsion meurtrière, autre manifestation d’horreur réaliste. Les tueurs en série existent vraiment, certes, mais aussi les gens qui, un jour, dépassent une limite qu’ils ne peuvent plus refranchir et commettent des actes horribles et irréparables. C’est cette pulsion que l’hôtel fait ressortir chez ses gardiens : si Jack ne parvient pas – et ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé – à tuer sa famille, Grady, lui, y est arrivé. Les fantômes de ses filles font partie de ceux qui hantent l’hôtel. Bien que Stuart Ullman, le manager de l’hôtel, ait dit à Jack que Grady a tué sa famille dans une crise de claustrophobie qu’on appelle le « cabin fever », ne soyez pas dupes; dans n’importe quel autre contexte, la famille de Grady aurait pu survivre, mais pas à l’Overlook, dont la hantise est insidieuse, opérant à la fois sur l’immeuble et sur ses occupant.e.s.

C’est là toute la force du roman, et toute la puissance de la hantise de l’Overlook : le monstre, l’antagoniste à vaincre, est double. Il ne s’agit pas que de Jack, père de famille qui perd la tête et essaie de tuer sa famille, et il ne s’agit pas que de l’hôtel : il s’agit des deux. Les deux se nourrissent, les deux s’encouragent. Jack, sans l’hôtel, aurait pu continuer sur la voie de la sobriété, aurait pu sauver son mariage, aurait pu éviter la mort. , quant à lui, aurait pu prendre pour proie quelqu’un d’autre, quelqu’un qui aurait peut-être résisté plus que Jack à ses instincts de violence. Le monstre, dans The Shining, est un hybride à deux têtes, trop humain par moments, trop imaginaire par d’autres. Le guêpier hanté et ses habitantes fantômes n’en sont qu’une autre incarnation : à mi-chemin entre la menace (réelle et potentielle) de la piqûre de guêpe et l’horreur (imaginaire) des bestioles-fantômes. Cette dualité de la hantise contribue à l’ambiguïté du roman. Si le lectorat peut osciller entre une acception totale des phénomènes paranormaux qui se déroulent à l’Overlook et un scepticisme soutenu, il peut aussi choisir son propre monstre, celui qui le hantera personnellement, celui qu’il retiendra à la fin de la lecture : un homme normal, mais capable des pires choses, et un hôtel inquiétant. Ou un hybride entre les deux.

La hantise, dans The Shining, est donc ambigüe et multiple. Ses conclusions, sans doute en raison de cette multiplicité, sont loin d’être positives. Si les héros de It pouvaient traverser une maison hantée et en ressortir plus forts, on doute que c’est ce qui arrive à la famille Torrance. Jack rechute dans l’alcoolisme et essaie de tuer sa famille. Il n’y arrive pas, Danny et Wendy se sauvent avec Dick Halloran alors que Jack, finalement lucide quant à l’horreur de son comportement, se sacrifie en faisant exploser l’Overlook. Danny porte avec lui les séquelles de ce qui s’est passé cet hiver-là, dont il n’arrivera que très longtemps plus tard à se défaire[5]. On succombe à l’horreur de la maison hantée, dans l’Overlook, et si on s’en tire, c’est décidément sur la peau des fesses.

Incertitude, indécision, fantômes de l’intime et horreur réaliste; c’est ce qu’offre le roman The Shining. Tout cela, c’est sans même aborder la question de l’écriture qui, pourtant, se trouve au cœur de l’intrigue et est directement affectée par la hantise de l’hôtel. Jack, après tout, vient au Colorado tant parce qu’il a perdu son emploi dans un collège prestigieux du Vermont que parce qu’il désire la quiétude et pouvoir compléter son idée de manuscrit. Projet qui, alors qu’il s’enfonce de plus en plus profondément dans sa folie autodestructrice, ne sera jamais complété. Jack est un écrivain raté, au sens où son projet échoue et où son art n’arrive pas à advenir, bafoué par les violences de l’hôtel. Ces rapports entre hantise et écriture sont d’ailleurs explorés de nouveau par King de nombreuses années après la publication de The Shining, dans une excellente nouvelle intitulée « 1408 »[6].

Chères lectrices, chers lecteurs, après m’avoir suivie aveuglément pendant trois articles, je vous laisse en vous recommandant chaudement cette nouvelle, qui allie hantise, écriture et deuil avec une maîtrise stylistique et narrative incroyable. Sur ce, il est temps de quitter la maison hantée. Pour l’instant, du moins. D’autres choses nous attendent dehors, comme nos propres hantises, ou des monstres tout aussi effrayants que les fantômes. N’oubliez pas le maillet de Jack qui défonçait les murs, dans la vision de Danny. N’oubliez pas son manuscrit avorté. N’oubliez pas, par-dessus tout, la violence qui se cache en chacun de nous, sous le vernis de la bienséance.

Parce que la violence, elle, ne vous oubliera pas.

Références et autres lectures kingiennes

Danse macabre, Doctor Sleep, Everything’s Eventual, Carrie, The Dark Tower Series, Firestarter, « Low Men in Yellow Coats », Hearts in Atlantis, The Green Mile, « 1408 ».

[1] Traduction libre de Catherine Côté.

[2] Pour reprendre le terme exact, Jack Torrance est un personnage focalisateur du roman.

[3] Les personnages-enfant dotés du « shining » incluent, mais ne se limitent pas à : Carrie White (Carrie), Jake Chambers (The Dark Tower Series), Charlie McGee (Firestarter) et Bobby Garfield (« Low Men in Yellow Coats », Hearts in Atlantis). D’autres personnages adultes sont aussi dotés du « shining », comme John Coffey (The Green Mile).

[4] Traduction libre de Catherine Côté.

[5] Le destin (et les traumas) de Danny Torrance est abordé dans le roman Doctor Sleep, écrit par King et publié en 2012.

[6] Everything’s Eventual, 2001.

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